Les voitures d'eau

Troisième long métrage de Pierre Perrault à l'Île-aux-Coudres, Les Voitures d'eau aborde le problème des constructeurs et navigateurs de goélettes de bois, à l'heure des bateaux de fer, de la concurrence internationale et des monopoles. Hommes de la mer, aussi habiles en actes qu'en paroles, les capitaines des dernières goélettes du fleuve vivent la fin d'une ère artisanale dans laquelle leurs fils ne pourront plus trouver place. La première partie du film théorise les connaissances et les richesses humaines et verbales liées à cette science des bateaux de bois. La seconde partie, bilan d'une tragique saison de navigation sur le St. Lawrence, pose les questions majeures de l'intégration économique et politique des Canadiens français.

Extrait de la sélection : Identités et territoires

Cet autre film de Perrault tourné avec les habitants de l’Île aux Coudres est moins souvent évoqué que Pour la suite du monde parmi les œuvres phares de l’histoire du documentaire et du cinéma québécois. Il est pourtant aussi beau et aussi riche. Perrault continue de faire chanter le fleuve Saint-Laurent par ceux qui vivent dans ses courants. Les personnages sont ici les capitaines des dernières goélettes, ces bateaux de bois qui faisaient jadis la fierté de l’île et dont la construction était un savoir précieux transmis à travers les générations. Mais avec la concurrence des grands navires de fer qui passent de plus en plus nombreux au large de l’île, les jours des goélettes sont comptés. Ce film offre le vibrant tableau d’un monde en déclin. Aujourd’hui, on pourrait dire qu’il s’agit d’un symbole éloquent de la mondialisation, montrant la pression du développement commercial et technologique sur les particularités culturelles et la viabilité économique des petites communautés.

— Nicolas Renaud

Extrait de la sélection : L'œuvre de Pierre Perrault

Nous sommes en avril 1967, Pierre Perrault tourne une séquence avec Alexis Tremblay qui regarde brûler une vielle goélette en bois sur les rives de l’Île-aux-Coudres. Personnage central de la Trilogie de l’Île-aux-Coudres, Alexis a alors quatre-vingts ans et Pierre Perrault est à la veille d’en avoir quarante. Sans le savoir, c’est le dernier tournage que Perrault effectuera en compagnie d’Alexis, qui nous quittera subitement quelques jours plus tard. Emblématique d’un règne qui est sur le point de prendre fin, cette séquence servira de conclusion au film Les voitures d’eau. Dans le dernier épisode de cette Trilogie, il devient de plus en plus évident que les problèmes économiques et la perte d’autonomie des navigateurs de l’Île-aux-Coudres sont liés au monopole qu’exercent les grandes entreprises sur les moyens de navigation. Devant cette dépossession du Fleuve, qui transforme les marins de l’île en simples spectateurs, Perrault ajoute à la poésie de la parole la nécessité d’une prise de position plus politique que jamais.

— Denys Desjardins

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Générique du film

réalisateur
Pierre Perrault
producteur
Guy L. Coté
Jacques Bobet
images
Bernard Gosselin
son
Serge Beauchemin
montage
Monique Fortier
montage sonore
Bill Graziadei
mixage
George Croll
Michel Descombes
participation
Joachim Harvey
Louis Harvey
Nérée Harvey
Éloi Perron
Alexis Tremblay
Laurent Tremblay
Léopold Tremblay

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