La force de la paix

Par Douglas Roche

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Les meilleurs films, ceux dont la longévité va bien au-delà des projections initiales, acquièrent une dimension intemporelle car ils ont su saisir les valeurs durables. La sélection sur le thème Guerre et paix à laquelle j’ai procédé pour l’ONF comporte des films produits depuis les dernières décennies, mais qui portent tous sur des questions toujours d’actualité. Qu’il s’agisse d’une représentation des horreurs de la guerre nucléaire, d’un périple autour du monde en quête de « l’autre voie », ou d’un examen sincère des raisons de s’opposer à la guerre, ces films dépeignent avec élégance et lucidité ce que serait une culture de la paix.

Aujourd’hui, si les gens rejettent généralement la guerre comme mode de résolution des conflits, ils hésitent pour autant à soutenir de façon inconditionnelle les moyens d’en arriver à la paix et craignent peut-être même d’adopter ces moyens. Il y a là un profond paradoxe. Chaque année, le public rend hommage aux victimes des dernières guerres tombées au combat. De temps à autre, certains manifestent en signe de protestation devant la perspective d’un nouveau conflit. Mais nous n’intégrons pas à la vie quotidienne l’essence même de la paix afin que tout l’apparat et toutes les politiques de notre société s’en imprègnent. Nous honorons les lauréats du Prix Nobel de la paix, mais esquivons en revanche l’idée de rendre l’enseignement de la paix obligatoire pour tous les enfants.

Les défenseurs d’une culture de la paix espèrent faire évoluer les choses afin que le respect de toute vie, le refus de la violence, le partage, la préservation de la planète et l’acceptation de ce terrain commun sur lequel nous vivons tous appartiennent désormais aux normes de fonctionnement de la vie moderne. Et à cet égard, l’éducation se révèle le meilleur, sinon l’unique moyen de réussir. À la fois divertissants et éducatifs – c’est le propre du cinéma – les films retenus ici illustrent brillamment la culture de la paix.

On y croise de nombreuses personnalités fascinantes qui ont répondu aux exigences de la paix : Helen Caldicott, l’infatigable médecin qui milite contre les horreurs de la guerre; Velcrow Ripper qui, armé de sa seule caméra, sonde le cœur et l’âme des cultures de toutes les régions du monde; les frères Ted et John Friesen, deux mennonites de Winkler, au Manitoba, déchirés entre leur participation à la guerre et le principe de l’objection de conscience. Enfin, planant sur toutes ces œuvres, l’imposante silhouette de Jo Rotblat, le scientifique polonais de l’énergie nucléaire qui a tourné le dos aux armes nucléaires, fondé le mouvement Pugwash et mérité le prix Nobel de la paix. Un rêve étrange, le nouveau film de l’ONF relatant sa vie, porte à l’écran sa force sereine et son message fondamental : si vous voulez la paix, préparez la paix. Voilà précisément ce à quoi s’emploient ces films magnifiques et audacieux.

Description

Les meilleurs films, ceux dont la longévité va bien au-delà des projections initiales, acquièrent une dimension intemporelle car ils ont su saisir les valeurs durables. La sélection sur le thème Guerre et paix à laquelle j’ai procédé pour l’ONF comporte des films produits depuis les dernières décennies, mais qui portent tous sur des questions toujours d’actualité. Qu’il s’agisse d’une représentation des horreurs de la guerre nucléaire, d’un périple autour du monde en quête de « l’autre voie », ou d’un examen sincère des raisons de s’opposer à la guerre, ces films dépeignent avec élégance et lucidité ce que serait une culture de la paix.

Aujourd’hui, si les gens rejettent généralement la guerre comme mode de résolution des conflits, ils hésitent pour autant à soutenir de façon inconditionnelle les moyens d’en arriver à la paix et craignent peut-être même d’adopter ces moyens. Il y a là un profond paradoxe. Chaque année, le public rend hommage aux victimes des dernières guerres tombées au combat. De temps à autre, certains manifestent en signe de protestation devant la perspective d’un nouveau conflit. Mais nous n’intégrons pas à la vie quotidienne l’essence même de la paix afin que tout l’apparat et toutes les politiques de notre société s’en imprègnent. Nous honorons les lauréats du Prix Nobel de la paix, mais esquivons en revanche l’idée de rendre l’enseignement de la paix obligatoire pour tous les enfants.

Les défenseurs d’une culture de la paix espèrent faire évoluer les choses afin que le respect de toute vie, le refus de la violence, le partage, la préservation de la planète et l’acceptation de ce terrain commun sur lequel nous vivons tous appartiennent désormais aux normes de fonctionnement de la vie moderne. Et à cet égard, l’éducation se révèle le meilleur, sinon l’unique moyen de réussir. À la fois divertissants et éducatifs – c’est le propre du cinéma – les films retenus ici illustrent brillamment la culture de la paix.

On y croise de nombreuses personnalités fascinantes qui ont répondu aux exigences de la paix : Helen Caldicott, l’infatigable médecin qui milite contre les horreurs de la guerre; Velcrow Ripper qui, armé de sa seule caméra, sonde le cœur et l’âme des cultures de toutes les régions du monde; les frères Ted et John Friesen, deux mennonites de Winkler, au Manitoba, déchirés entre leur participation à la guerre et le principe de l’objection de conscience. Enfin, planant sur toutes ces œuvres, l’imposante silhouette de Jo Rotblat, le scientifique polonais de l’énergie nucléaire qui a tourné le dos aux armes nucléaires, fondé le mouvement Pugwash et mérité le prix Nobel de la paix. Un rêve étrange, le nouveau film de l’ONF relatant sa vie, porte à l’écran sa force sereine et son message fondamental : si vous voulez la paix, préparez la paix. Voilà précisément ce à quoi s’emploient ces films magnifiques et audacieux.

À propos de l'auteur

Douglas Roche

Au cours de ses 35 ans de carrière, l’honorable Douglas Roche, O.C., auteur, parlementaire et diplomate, s’est spécialisé dans les questions entourant la paix et la sécurité humaine. Il prononce en divers points du globe des conférences sur le thème de la paix et du désarmement nucléaire. Monsieur Roche a été sénateur, membre du parlement, ambassadeur du Canada au désarmement et professeur invité à l’Université de l’Alberta. On l’a élu président du Comité du désarmement des Nations Unies dans le cadre de la 43e Assemblée générale en 1988. Il est l’auteur de dix-neuf ouvrages. Le plus récent, Creative Dissent: A Politician’s Struggle for Peace, renferme ses mémoires et a été publié chez Novalis en 2008. Titulaire de sept doctorats honorifiques que lui ont décernés des universités canadiennes et américaines, Monsieur Roche s’est vu attribuer de nombreuses distinctions pour ses travaux sur la paix et la non-violence, notamment le prix de la Mahatma Gandhi Foundation pour la paix mondiale.