Pas de deux

Film expérimental qui met en scène Margaret Mercier et Vincent Warren, deux étoiles des Grands Ballets canadiens. Les danseurs vêtus de blanc évoluent dans un décor peint en noir, et l'ensemble, harmonieux, traduit toute la créativité de McLaren.

Extrait de la sélection : Norman McLaren: Hands-on Animation

This is not a film record of a dance. The choreography, per se, is not memorable. The important thing is that the choreography was created strictly for McLaren to work with on the optical camera. There he transformed the dance into something of heart-stopping beauty – technology at the service of art. What McLaren did was multiply the imagery up to eleven times, each of eleven passes staggered by a few frames. The dancers are followed by his and her own waves. The story is the old one of Narcissus. In this case, it is a female Narcissus, in love with her own self, until a young man appears and wins her. For McLaren, it fulfilled a need to make a plea that we must look outside ourselves and love others – the same theme which underlay his anti-war film, Neighbours. It was a very difficult film to dance, since Margaret Mercier and Vincent Warren had to dance in almost total blackness with only side lighting. The soundtrack is fascinating. Maurice Blackburn took a two-and-a-half-minute pan pipe recording and by looping the music with the addition of a harp stretched the music to 13 minutes. Otherworldly music for otherworldly imagery.

— Donald McWilliams

Extrait de la sélection : McLaren : essais pratiques en animation

Il ne s’agit pas de l’enregistrement sur film d’une danse. La chorégraphie n’est pas en soi mémorable. L’essentiel est que cette dernière a été créée dans le seul but de permettre à McLaren de l’utiliser pour travailler avec la caméra optique. Il a ainsi transformé la danse en quelque chose d’une beauté saisissante : la technologie au service de l’art. La démarche de McLaren a consisté à démultiplier chaque prise de vues jusqu’à onze fois en décalant de quelques cadres chacune des images. Les danseurs sont suivis par leurs propres vagues. C’est la vieille histoire de Narcisse qui se déroule ici. Mais dans le cas présent, il s’agit d’une Narcisse au féminin, éprise d’elle-même jusqu’à ce qu’un jeune homme paraisse et mérite son amour. Pour McLaren, le film répondait à un besoin : faire valoir l’importance de regarder hors de soi-même et d’aimer les autres. Ce thème sous-tend également son film anti-guerre Voisins. Dans Pas de deux, l’exécution de la chorégraphie s’est révélée particulièrement ardue, puisque Margaret Mercier et Vincent Warren ont dû danser dans la quasi-obscurité, ne bénéficiant que d’un éclairage latéral. La trame sonore est fascinante. Maurice Blackburn a utilisé au départ un enregistrement de deux minutes et demie de flûte de Pan qu’il a repris en boucle en y ajoutant de la harpe, ce qui lui a permis de prolonger la musique jusqu’à 13 minutes. Une musique d’un autre monde pour une imagerie d’un autre monde.

— Donald McWilliams

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Commentaires

  • JacquesBourgeois

    «J'ai vu ce film pour la première fois à l'âge de 14 ans. Il m'avait fasciné. Je l'ai revu une quinzaine de fois depuis, il m'a toujours fasciné. À 57 ans, apprenant que vos films son maintenant en ligne, c'est un des premiers que je veux revoir. Quelle déception... pour la première fois. La qualité de la digitalisation est tellement médiocre qu'il faut le visionner en petit format couvrant à peine 1/8 de l'écran pour avoir un peu de définition. Plein écran, les constrastes sont flous, le noir marbré d'artefacts dérangeants. Vous ne rendez pas du tout hommage à ce chef d'oeuvre en le présentant dans un format qui en réduit la qualité à ce point. » — JacquesBourgeois, 30 Mai 2011

  • beav80

    «This is the most beautiful short film I've ever seen. The idea of doubling as a narcissistic kind of looking in the mirror, and then the beauty of that being eclipsed by falling in love with someone is a great idea, and you can see it play out really well. Thanks for this site.» — beav80, 24 Jui 2010

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Générique du film

réalisateur
Norman McLaren
producteur
Norman McLaren
photographie
Jacques Fogel
chorégraphie
Ludmilla Chiriaeff

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