À mi-chemin entre la fiction et le documentaire, Les ordres est basé sur le témoignage d’une cinquantaine de personnes emprisonnées à la suite de l’application des mesures de guerre en octobre 1970. Nous suivons cinq personnages (trois hommes et deux femmes) construits à partir de ces témoignages, de leur arrestation à leur libération. Le film a remporté le prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1975.Octobre 1970. À la suite des enlèvements de James Cross et de Pierre Laporte, et en réaction au courant de sympathie pour les « terroristes » soulevé par la lecture télévisée …
À mi-chemin entre la fiction et le documentaire, Les ordres est basé sur le témoignage d’une cinquantaine de personnes emprisonnées à la suite de l’application des mesures de guerre en octobre 1970. Nous suivons cinq personnages (trois hommes et deux femmes) construits à partir de ces témoignages, de leur arrestation à leur libération. Le film a remporté le prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1975.Octobre 1970. À la suite des enlèvements de James Cross et de Pierre Laporte, et en réaction au courant de sympathie pour les « terroristes » soulevé par la lecture télévisée et la publication dans les journaux de leur manifeste, 450 personnes sont arrêtées, la plupart en pleine nuit. Après un séjour en prison de durée variable, elles sont relâchées sans qu’aucune accusation soit portée contre elles. Du témoignage de quelques-unes de ces personnes, qui n’ont pas fait les manchettes contrairement à des figures connues comme Michel Chartrand ou Pauline Julien, Michel Brault a tiré les anecdotes qui composent Les ordres, film rendant davantage compte d’une situation toujours actuelle que du sort (malheureux) de ces victimes de la Loi sur les mesures de guerre.« Mon film n’est pas un film qui porte sur les événements d’octobre 1970, mais un film sur l’humiliation. Il dépasse les événements et touche l’homme. Rien de ce qui est raconté dans le film n’est le fruit de l’imagination. Tout est basé sur les récits des gens qui ont été incarcérés pendant la crise d’octobre 70. Je devais faire un film pour l’ONF, qui l’a refusé. J’y avais mis cinquante heures de travail. J’ai interviewé quarante personnes qui ont été emprisonnées et le sujet était trop brûlant pour le garder dans mes filières. Un peuple adulte est un peuple renseigné. Mon film a une note universelle en ce sens que cette crise politique peut arriver à n’importe quel peuple. Et si elle se reproduit ici, les gens sont en droit de savoir ce qui s’est passé exactement, comment il[s] [devront] réagir à partir de ce qu’il[s] [savent]. » (Photo-journal : tout par l’image)En octobre 1970, la lutte, 23 décembre 1973, page 7. Collection Charles-Henri Ramond)En octobre 1970, le gouvernement canadien, appréhendant une insurrection dans la province de Québec, applique la Loi sur les mesures de guerre. En vertu de cette ordonnance, 450 personnes sont arrêtées et mises en prison sans qu’aucune accusation précise soit portée contre elles. Sorti en salle le 27 septembre 1974, le film évoque le sort de cinq personnes victimes de ce traitement : un ouvrier et sa femme, un médecin, une assistante sociale et un chômeur.
Les ordres, Michel Brault, offert par l' Office national du film du Canada