Journée du chandail orange

Journée du chandail orange

La Journée du chandail orange a été lancée en 2013 pour attirer l’attention sur la réalité des pensionnats indiens, qui ont existé pendant 165 ans (de 1831 à 1996). Pour Phyllis Webstad, survivante d’un tel pensionnat, la rupture des liens avec sa famille, sa communauté et sa culture a eu lieu en 1973, quand on l’a dépouillée de la belle chemise orange qu’elle portait le premier jour d’école et qu’elle n’a jamais revue. Lui enlever sa chemise orange a été le premier élément d’une série de méthodes dévastatrices destinées à lui retirer l’estime d’elle-même, à effacer sa culture et à l’anéantir. Son histoire n’est que l’une des expériences vécues par d’innombrables survivants, mais beaucoup n’ont pas survécu pour raconter la leur. Les traumatismes intergénérationnels subis dans les pensionnats indiens et d’autres politiques d’assimilation forcée continuent à se faire sentir dans les communautés jusqu’à ce jour.

Les attitudes sociales néfastes, comme le racisme, ont une incidence sur le quotidien et les politiques gouvernementales, entraînant ainsi des disparités sociales. Comme le signale le juge Murray Sinclair, « le système éducatif de ce pays porte une grande part de responsabilité de cette situation. Mais il peut aussi réparer ce qui a été endommagé (1) ». En tirant des leçons d’un passé qui comprend les récits des peuples autochtones, on peut cultiver les germes de résilience et d’espoir d’un avenir meilleur et ainsi assister à l’épanouissement du proverbial érable canadien. En étant plus avisé, on peut faire mieux.

La Journée du chandail orange vise à sensibiliser la population et à reconnaître les préjudices passés. Elle engendrera peut-être des activités favorisant la réconciliation dans le milieu de l’éducation tout au long de l’année et dans les années à venir, de manière à contribuer à une société plus équitable.

(1) KNICKERBOCKER, Nancy. Projet du cœur : faire la lumière sur l’histoire cachée des pensionnats indiens en Colombie-Britannique, Vancouver, BC Teachers’ Federation, s.d.
Projet du coeur

  • Nous n'étions que des enfants...
    campus 2012 | 1 h 23 min

    *Avertissement : Pour un public averti – 16 ans et plus. Surveillance parentale ou visionnage en groupe fortement recommandé. Pour accéder à du soutien en santé, contactez Santé Canada.

    Très jeunes, Lyna et Glen sont retirés de leur foyer et placés dans des pensionnats dirigés par le clergé. Au traumatisme de cette expérience s’ajoutent des années de violence dont les conséquences marquent encore leur vie d’adultes. Témoignant de l’incroyable résilience de l’esprit humain, ce long métrage de fiction lève le voile sur le douloureux héritage du système des pensionnats indiens, qu’évoquent avec courage deux enfants soumis bien avant l’heure aux vicissitudes de la vie.

  • Soeurs et frères
    2015|3 min

    Réalisé dans le cadre de la série Souvenir, ce court métrage de Kent Monkman utilise des archives de l’ONF pour établir des parallèles entre l’anéantissement du bison et les ravages provoqués par le système des pensionnats indiens. Une critique impitoyable de la période coloniale du Canada et de la douleur et de la perte infligées aux peuples autochtones.

  • Retour à Holy Angels

    En 1963, Lena Wandering Spirit se trouve, comme plus de 150000 enfants autochtones, soustraite à sa famille et envoyée au pensionnat. Le court métrage documentaire de Jay Cardinal Villeneuve Retour à Holy Angels retrace de façon percutante l’histoire coloniale du Canada au moyen d’images impressionnistes et du langage fragmentaire d’une enfant. Villeneuve rencontre Lena alors qu’il travaille comme vidéaste à la Commission de vérité et réconciliation. Filmé avec une farouche détermination à révéler le passé, mais aussi à tourner la page, Retour à Holy Angels témoigne de la résilience d’un peuple qui a su trouver des moyens de guérir et de revenir aux sources.

  • Nos histoires - Ça devait être fait
    2008|22 min

    Nos histoires - Ça devait être fait explore le lourd héritage des pensionnats autochtones par l'entremise de deux femmes extraordinaires ayant pris l'étonnante décision de retourner à l'école qui a si profondément bouleversé leur vie. Ce film intimiste et touchant témoigne de la force et de la dignité dont elles ont fait preuve pour défendre leur cause et changer les choses à leurs propres conditions.

  • Christmas at Moose Factory (sous-titrée en français)
    1971|13 min

    C'est avec ce court documentaire poétique, paru en 1971, que l'éminente réalisatrice abénaquise Alanis Obomsawin a débuté son parcours derrière la caméra. Filmé dans un pensionnat du nord de l'Ontario, il se compose entièrement de dessins faits par de jeunes cris et d'histoires qu'ils racontent. L'écoute a toujours été au cœur de la démarche de la réalisatrice. « Le film documentaire, a-t-elle expliqué dans une entrevue en 2017, est le seul espace dont nos peuples disposent pour parler de leur réalité. J'ai le sentiment que les documentaires sur lesquels j'ai travaillé ont eu cette utilité d'aider les gens, nos gens à poser un regard sur nous... et par la suite à apporter des changements réellement significatifs pour l'avenir de nos enfants. »