Documentaires marquants des années 2000

Une sélection de Marc St-Pierre

Bacon, le film


Documentaire sur les conséquences sociales et environnementales de la multiplication rapide des mégaporcheries. Abandonnés par l'état, des groupes de citoyens élèvent la voix et se réapproprient la démocratie. Grains de sable inattendus dans une machine bien huilée par le dogme néolibéral, ils revendiquent une société à échelle humaine.

Ce film illustre parfaitement le climat d’inquiétude qui règne au début des années 2000. Dès les premières images, le réalisateur, Hugo Latulippe, est on ne peut plus clair : « Je fais ce film parce que je suis inquiet, parce que je doute… » Préoccupé par l’implantation grandissante au Québec de méga porcheries et de ses conséquences sur l’environnement, soucieux du sort réservé aux petits producteurs locaux et choqué par les agissements d’un gouvernement qui laisse faire, le cinéaste esquisse le portrait d’une société prisonnière de l’expansionnisme, d’une logique du profit, de la rentabilité. À l’aide d’entrevues, qui prennent souvent la forme d’entretiens informels, d’archives télévisuelles, Hugo Latulippe expose, questionne et critique les enjeux avec une clarté et une efficacité redoutables. Le film n’est pas un simple documentaire sur l’état de l’industrie porcine, mais une action sociale menée par son réalisateur, une tentative d’éveiller les consciences, de faire bouger les choses. D’ailleurs, il déclare, dès le début de son film : « Je fais ce film plutôt que de devenir terroriste. »

Extrait de la sélection : Documentaires marquants des années 2000

Ce film illustre parfaitement le climat d’inquiétude qui règne au début des années 2000. Dès les premières images, le réalisateur, Hugo Latulippe, est on ne peut plus clair : « Je fais ce film parce que je suis inquiet, parce que je doute… » Préoccupé par l’implantation grandissante au Québec de méga porcheries et de ses conséquences sur l’environnement, soucieux du sort réservé aux petits producteurs locaux et choqué par les agissements d’un gouvernement qui laisse faire, le cinéaste esquisse le portrait d’une société prisonnière de l’expansionnisme, d’une logique du profit, de la rentabilité. À l’aide d’entrevues, qui prennent souvent la forme d’entretiens informels, d’archives télévisuelles, Hugo Latulippe expose, questionne et critique les enjeux avec une clarté et une efficacité redoutables. Le film n’est pas un simple documentaire sur l’état de l’industrie porcine, mais une action sociale menée par son réalisateur, une tentative d’éveiller les consciences, de faire bouger les choses. D’ailleurs, il déclare, dès le début de son film : « Je fais ce film plutôt que de devenir terroriste. »

— Marc St-Pierre