La route de la liberté

La route de la liberté

La série documentaire en cinq épisodes La route de la liberté relate la passionnante histoire de la Première Nation anichinabée de Shoal Lake 40 et du combat qu’elle a livré pour bâtir une route. Il y a plus de 100 ans, cette communauté s’est trouvée forcée de déménager et coupée du continent afin de faciliter l’approvisionnement en eau de la ville de Winnipeg. Angelina McLeod, réalisatrice de la série et membre de la communauté de Shoal Lake 40, recourt ici à une approche du récit innovatrice et axée sur la communauté qui met en lumière la dignité, la force et la persévérance de cette population. Dans la foulée de la construction de la « route de la liberté », celle-ci reprendra possession de son histoire et de son avenir.

  • La route de la liberté : Contexte
    2019|15 min

    L’histoire commence il y a plus d’un siècle, lorsque la Ville de Winnipeg décrète que l’étendue d’eau entourant le territoire traditionnel anichinabé, aujourd’hui celui de la Première Nation de Shoal Lake 40, sera déviée et utilisée comme principale source d’eau potable de Winnipeg. La communauté, ses lieux de sépulture ancestraux, son environnement et son mode de vie se trouvent à jamais perturbés, et l’accès aux possibilités et aux services essentiels lui est désormais fermé. La question des pensionnats obligatoires et les problèmes d’eau contaminée viennent encore aggraver les désastreuses conséquences de cette mesure. Le dirigeant de la communauté et ancien sapeur de combat Daryl Redsky fait la lumière sur la façon dont les générations successives ont contribué à la planification complexe, à la préservation du patrimoine culturel et à la mobilisation qui ont mené au moment présent et à la construction de la « route de la liberté ».

  • La route de la liberté : Les hommes / Ininiwag
    2019|15 min

    Pendant les préparatifs de leur pow-wow annuel, les hommes de Shoal Lake 40 racontent l’histoire de la vie dans la communauté selon leur perspective. Lorne Redsky s’emploie à faire fonctionner la station de pompage désuète : l’argent manque pour réparer les systèmes de base et il faut se servir quotidiennement de l’eau embouteillée. Alors que Lorne concentre son énergie sur la tâche monumentale qui consiste à acheminer de l’eau propre jusqu’au lieu du pow-wow, un membre de la communauté du nom de Kavin Redsky prépare sa tenue cérémonielle en vue de la danse, une démarche très personnelle liée à son parcours de guérison. Les deux hommes incarnent ces inestimables richesses que sont la communauté, la culture traditionnelle et la médecine, des cadeaux grâce auxquels la population de Shoal Lake 40 a pu trouver la résilience nécessaire pour continuer le combat pour la « route de la liberté ».

  • La route de la liberté : Les femmes / Ikwewag
    2019|12 min

    Les femmes de Shoal Lake 40 parlent des combats qu’elles-mêmes, ainsi que leurs parents et leurs grands-parents, ont menés pour essayer d’élever leur famille malgré cette situation risquée d’isolement forcé. Dans la communauté, chacun a une histoire déchirante à raconter au sujet d’un proche qui a vu la glace se rompre sous ses pas alors qu’il essayait de traverser le lac, de femmes enceintes et de jeunes mères craignant pour leur bébé, mais n’ayant d’autre choix que de braver ces dangereuses conditions. Le film nous apprend le rôle essentiel qu’ont joué les femmes de la communauté en sollicitant du financement pour la route auprès des trois ordres de gouvernement. Il nous montre que le fait d’avoir renoué avec leur culture et leurs rituels leur a insufflé la force d’aller de l’avant.

  • La route de la liberté : Les jeunes / Oshkaadiziig
    2019|14 min

    Les jeunes de Shoal Lake 40 racontent ce que signifie pour eux le fait d’être forcés de quitter une famille et une communauté très unies pour faire leurs études secondaires à Kenora, en Ontario. Comme l’école de la communauté n’assure la scolarité que jusqu’à la huitième année, aucune autre solution ne s’offre aux adolescents qui souhaitent poursuivre leurs études. Certains jeunes hommes peuvent travailler à la construction de la route, une rare occasion d’occuper un bon emploi au sein de la communauté : leur fierté est palpable, et ils expriment la satisfaction que leur procure cette possibilité d’assurer la sécurité de leurs aînés et d’offrir des débouchés aux générations futures. La construction de la « route de la liberté » suscite chez les jeunes beaucoup d’optimisme, malgré le racisme systémique et personnel dont ils ont déjà été victimes. Ce projet leur donne de l’espoir quant à l’avenir de leur communauté et à leur propre capacité d’y contribuer.

  • La route de la liberté : Les aînés / Gitchi-aya'aag
    2019|12 min

    Les aînés de Shoal Lake 40 organisent une fête dans le cadre de leurs récoltes automnales. C’est pour eux l’occasion de partager leur savoir traditionnel et leurs enseignements avec les membres de la communauté. En préparant la banik, le poisson et la viande, ils racontent non sans douleur les expériences traumatisantes de leur enfance, par exemple le fait d’avoir eu à se cacher pour échapper au pensionnat. Ils se rappellent aussi ceux qui ont risqué leur vie ou qui ont péri en tentant de traverser la surface gelée du lac. Lorsqu’ils évoquent la responsabilité qui leur revient de veiller sur les membres de la communauté et de transmettre leurs connaissances à la génération suivante, les aînés mettent en lumière la résistance et la force soutenues qui animent cette population.