La bête lumineuse

Documentaire sur la traditionnelle chasse à l'orignal, prétexte à fouiller l'âme québécoise. Dans une cabane de Maniwaki, des citadins opèrent leur annuel retour à la nature. Plaisir de se mesurer aux éléments, et de connaître ses limites! Expérience de la mort pour exorciser sa propre mort et renouer avec la chaîne entière de la vie! Mais aussi, esprit de panache, de bravache et de vantardise, et transposition de moeurs sauvages de la meute au sein du groupe d'amis, où on a tôt fait de repérer un souffre-douleur. Une magistrale partie de chasse, une mythologie bien de chez-nous.
La chasse à l’orignal, rituel cher à de nombreux Québécois, est ici le lieu des retrouvailles et de l’évasion en forêt, mais aussi de l’expérience de ses limites, des délires éthyliques et de la mise à l’épreuve des amitiés. Dans cet univers de bravade et de compétition masculine, les chasseurs se lient contre le « poète » du groupe, qui devient la cible de toutes les railleries et de tous les mauvais coups. Plus ou moins bien reçu et compris à sa sortie, notamment au Festival de Cannes, ce film déstabilise par un aspect au premier abord cruel. Rarement a-t-on vu dans un documentaire un tel dévoilement de la personnalité intime d’un homme, pris au piège devant une équipe de tournage effacée tel un témoin objectif de la situation. C’est pourtant un film sur l’amitié et la révélation de soi, comme le suggère un dialogue à la fin, si la « victime » accepte de valoriser l’opportunité d’être ainsi mise face à elle-même, « de se faire montrer ses faiblesses ». On comprend particulièrement avec ce film la boutade de son ami le cinéaste Jean-Pierre Lefebvre, disant que Perrault était « le meilleur réalisateur dramatique du cinéma québécois ». Chaque fois qu’on revoit ce film cru, intense et bouleversant, on y trouve immanquablement de nouvelles vérités et une admiration renouvelée.


Extrait de la sélection : Identités et territoires

La chasse à l'orignal, une tradition au Québec, est ici prétexte à fouiller l'âme québécoise et exalter sa «parole». Dans un «shack» de Maniwaki, des citadins opèrent leur annuel retour à la nature... comme on opère un miracle! Mystères de la chasse, qui courtise chance et habileté, avec ce «buck fever» qui diffracte rêve et réalité! Plaisir de se mesurer aux éléments, et de connaître ses limites! Expérience de la mort pour exorciser sa propre mort et renouer avec la chaîne entière de la vie! Mais aussi, esprit de panache, de bravache et de vantardise, et transposition de moeurs sauvages de la meute au sein du groupe d'amis, où on a tôt fait de repérer une victime, un souffre-douleur qui sera soumis à la torture d'une impitoyable ironie. Une magistrale partie de chasse, une mythologie bien de chez-nous.


Extrait de la sélection : L'œuvre de Pierre Perrault

Niveau scolaire 9 - 12

Science / Univers vivant/Écologie

Santé/Formation personnelle / Relations saines

Sciences humaines / Les communautés au Canada/Dans le monde

Santé/Formation personnelle / Intimidation et discrimination

Description pédagogique:

Ce documentaire peut s'inscrire en sciences humaines par une analyse des traditions québécoises et dans le cours de sciences en raison des images prenantes de la nature. Dans une perspective enrichie, il pourrait aussi être une occasion d'explorer en classe de santé et de formation personnelle les dynamiques de groupe et les rapports de force dans un contexte d'isolement et d'éloignement. Par exemple, la question: Qui est le souffre-douleur dans le groupe de chasseurs et pourquoi? pourrait donner lieu à un échange intéressant.


 

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